jeudi 11 juin 2015

La question du 2ème

En ce mois de juin, nous avions rdv avec notre gynéco PMA. 

A peine notre fils né, le monde médical a posé la question de la suite. Du 2ème. Des risques, des questions à se poser... Alors que c'était trop pour moi. Trop tôt, trop violent. Comment je pourrais avoir envie d'y retourner ? 

Mais oui, nous avons peu de temps pour se poser cette question, je le sais. L'insuffisance ovarienne fait que la roue tourne vite. Alors, comme la bonne élève que j'ai toujours été, j'ai vu les spécialistes qu'on m'a demandé de voir, cardiologues, néphrologues, angiologues et que sais-je encore... Bien entendu, ça ne m'a rien appris puisqu'aucune cause à mon hypertension n'a été trouvée. Je n'y croyais pas vraiment.

La question du 2ème, j'y pense souvent. C'est très ambivalent. Un 2ème comme mon bébé, souriant, facile, heureux, à croquer ? J'en prends 3 comme lui, pas de problème. La perspective de :
- repasser par une FIV ;
- vivre une grossesse angoissée, contrairement à la précédente
- refaire un hellp syndrome et les complications qui ont suivi
- refaire une hémorragie et risquer ma peau
- que mon bébé soit à nouveau prématuré, qu'il risque sa peau aussi, qu'il vive des débuts difficiles, incertains... Qu'il ait des séquelles...

.... (conditions non cumulatives...) ce sera sans moi. 

Nous avons donc remis les pieds dans notre centre PMA. Avons croisé le gynéco qui avait réalisé le transfert épique de notre seul et unique embryon, resté coincé dans le cathéter. Avons croisé le gentil infirmier qui était là pour mes 2 ponctions. Avons consulté notre gynéco PMA, celui qui a permis ce miracle. J'étais pleine d'émotions, avec mon bébé babillant dans sa poussette.

Il a pris connaissance de l'aventure de l'accouchement et de ses complications. Il a pris le temps de l'échange, même si sur le fond, nous n'avons pas appris grand chose :

- Il évalue les risques de récidive du hellp à 30%. Et a ajouté, que "parfois on ne ramène pas les mamans" (avec un regard qui m'a donné l'impression qu'il en avait une expérience personnelle). Mais ça, nous le savons.

- Pas de risque particulier de refaire une hémorragie, j'ai enfin posé la question qui me taraude : c'est normal une rétention placentaire après une césarienne ? Non, ma pauvre dame, "ça devait être le bordel votre césarienne vu les circonstances". Ah.

- L'aspirine qu'on me vend à chaque fois pour la prochaine grossesse : bien sûr, m'a t-il dit, ça évitera un RCIU. Mais on ne peut rien faire pour éviter la pré éclampsie. Rien du tout. A part s'en remettre au destin, et surveiller. Bon, ça aussi, on le savait.

Mais nous venions surtout pour répondre à la question préalable : est ce encore possible ? Mon AMH était à 0,9 il y a 2 ans 1/2... Donc il nous refait faire les examens, écho à J3, amh et compagnie, spermo et sérologies. Et en prime une hystérosonographie pour moi (j'ai eu envie de dire "bingo" ou "famille" : je les aurais toutes faites) : pour vérifier mon utérus suite à cet accouchement et la rétention.
Il nous a aussi dit que souvent, l'embolisation des artères utérines que j'ai subie pour arrêter l'hémorragie réduit la fertilité et la réserve ovarienne... Déjà qu'on part de loin...

On le revoit après tout ça, à la rentrée.

Il a aussi regardé ma cicatrice de césarienne moche et douloureuse. M'a prescrit des séances de kiné et me fera une injection de corticoïdes la prochaine fois.

Il a dit que la décision que nous avions à prendre n'était pas facile. Que nous étions désormais parents. Qu'il fallait y réfléchir. Oui. 
Je vous avoue ici que j'espère en un sens que mes examens seront pourris, qu'un 2ème ne sera pas possible, qu'il n'y ait pas décision à prendre ou à regretter. Mais ce sera une porte tellement difficile à refermer. Parce que quand je pense à une famille agrandie d'un autre petit bonhomme ou bon'dame, mon cœur s'envole.