mardi 20 octobre 2015

L'allaitement, c'est fini !

L'allaitement, avant la grossesse, c'était en même temps une évidence puisque ma mère et mes soeurs ont allaité tous leurs enfants, mais pas une certitude. Je ne voulais pas en faire un principe, le biberon, ça m'allait aussi. Bref, j'avais envie d'essayer, sans plus.

Et puis la grossesse s'est compliquée, et peu avant cet accouchement catastrophe à 31SA, une sage-femme m'a demandé si je souhaitais allaiter. Tout ça me paraissait encore très surréaliste, lointain, hypothétique. Ensuite, l'accouchement, ses complications... Le lendemain, on m'a amené un tire-lait, cette machine qui allait être mon "amie" pendant un petit moment. Autour de moi, mes proches, les médecins, moi-même, étaient dubitatifs sur cet allaitement, étant donné mon état général. Et c'est la seule chose que mon corps a réussi à faire, une montée de lait rapide et douloureuse, avec des oedemes jusque sous les bras, des bouffées de chaleur, des nausées. Et puis j'étais allongée, pas très pratique pour tirer son lait... Mais je me suis accrochée.

J'ai tiré mon lait, toutes les 3-4h, pendant 2 mois 1/2, puis encore 1 à 2 fois par jour jusqu'à 3 mois et des brouettes. Je le faisais en néonat, à la maison, mon tire-lait électique double pompage. Au départ, ce geste me mettait plutôt mal à l'aise, surtout que j'ai tout de suite dû le faire sans intimité, à l'hôpital. C'est devenu une telle habitude que je faisais même plus de geste pour me cacher quand j'étais dérangée par un soignant. 

Le rituel du tire-lait, les petits biberons stériles de la néonat, les étiquettes à code barre où je notais la date et l'heure. Et les seringues d'alimentation, le pousse seringue électrique et ses alarmes, la sonde gastrique et les pansements de maintien, les quantités de plus en plus grandes et les temps d'alimentation de moins en moins longs à mesure des progrès de mon petit chat.

Au début, en réanimation, les peau à peau étaient très encouragés par l'équipe, mais les premiers câlins étaient pour moi pas très câlins justement. 2 blouses et 4 bras qui débranchent, rebranchent les appareils, scope, sonde d'intubation, les alarmes qui sonnent, moi qui attend sur le fauteuil qu'on me pose le tout petit bébé contre moi. Les scotchs pour maintenir l'arsenal en place, un bébé si léger qu'on le sent à peine sur sa poitrine, la peur de faire un mauvais geste, qu'il arrive quelque chose. Bref, difficile d'apprécier ces premiers moments. Mais la 3ème semaine, une infirmière m'a proposé une mise au sein. Évidemment, pas pour téter, mais plus pour qu'il s'habitue. Et malgré ses tuyaux, tenir moi-même mon bébé contre moi, voir ses yeux, ça a été le 1er contact avec lui je crois. Un moment magique.

Ensuite, l'allaitement a commencé à se mettre en place au bout de 2 mois, et ça a été long. Le début d'un autre rituel : le dé-scoper, le peser, noter le poids sur le tableau velleda, le re-scoper, le mettre au sein, le dé-scoper, le peser, le re-scoper, appeler l'infirmier pour donner le score, attendre qu'on prépare le complément de son repas, à la sonde d'abord, puis quelques jours après à la paille, tirer mon lait. Et le plus dur a été la peur des bradycardies qu'il faisait au sein, à cause de l'effort, de fausse-routes... Un bébé qui s'arrête, des alarmes rouges, l'infirmier qui arrive en courant, des dizaines de fois. Des progrès, des espoirs, et la fois d'après la dégringolade... Pour moi ça a été la période la plus éreintante. 

Et puis la pédiatre nous a autorisés à le faire téter sans qu'il soit scopé, elle me faisait confiance sur le fait que je le connaisse par coeur, qu'une brady, je la voyais sans besoin d'alarme. Et ça a considérablement allégé ces moments.... Mais l'autonomie alimentaire a été un parcours semé d'embûches. Il arrachait de plus en plus sa sonde gastrique, jusqu'au jour où on ne lui a plus reposée pour compléter ses repas à la paille. Un vrai bonheur de voir son visage sans tuyau et sans scotch. 

Le doute s'est installé : et si il prenait mieux le biberon que le sein ? Si ça lui permettait de sortir ? Sans compter sur les baisses de lactation dues à la fatigue... Mais on a tenu bon, et grâce au "DAL", dispositif d'aide à l'allaitement, un réservoir de lait pendu à mon cou avec des petits tuyaux scotchés sur les seins et qui permet de compléter ses repas en même temps qu'il tète, on a pu sortir sans attendre qu'il soit autonome. Avec 2 glacières de lait congelé redonnées par le lactarium et un congélateur plein... Bon, le DAL, c'était quand même la galère, ça marchait une fois sur deux, l'installation est laborieuse, il faillait tout nettoyer, tirer son lait encore et encore... Mais ça a marché, il a pris des forces, a tété de mieux en mieux, si bien qu'en 2-3 semaines, on a pu ranger le DAL au placard. A 3 mois et des brouettes, mon petit chat prenait donc tous ses repas au sein. Et nous revenions en néonat toutes les semaines pour le peser, ce qui confirmait qu'il tétait bien.

Et à partir de là, l'allaitement a été un vrai BONHEUR. Un bon gros pansement sur tout ce parcours, un moyen de construire notre relation. De reprendre confiance en nous. Les médicaments et leurs effets secondaires, les douleurs, le RGO... au sein, tout était oublié, il était détendu, moi aussi, tout allait bien. Allaitement à la demande et exclusif jusqu'à ses 6 mois, il n'a jamais pris autant de poids que pendant cette période.

6 mois, la reprise du boulot... l'épreuve du sevrage sur laquelle j'ai beaucoup écrit ici... J'avais pas envie, lui non plus, dur dur. La diversification a permis de contourner les biberons, puis à 9 mois j'ai arrêté la tétée du matin. J'ai rendu mon tire-lait à la pharmacie avec le sentiment d'une page qui se tourne. La tétée du soir restait notre moment câlin à tous les 2. J'ai mis du temps à me résoudre à arrêter, mais à 1 an passé, c'était le bon moment, et ça s'est très bien passé.

Désolée pour l'article très long, mais l'allaitement a été vraiment été une chose extraordinaire dans ce parcours chaotique, une vraie fierté pour moi, d'avoir réussi ça malgré les difficultés. C'est terminé, mais sans regret !

mardi 22 septembre 2015

L'anniversaire

Mon petit bébé d'amour a un an. On dit que ça passe vite, mais je ne trouve pas. Quelle année. 3 mois difficiles, à l'hôpital, puis 3 mois à la maison, à se découvrir, à panser nos blessures. Et 6 mois de vie normale, à profiter de cet immense bonheur, à s'émerveiller de cette chance, à s'énerver de fatigue parfois aussi.

C'est une période ambivalente. En même temps, quand il était en réanimation, je pensais à cet anniversaire.... "Quand on y sera, quelle victoire". Et c'est vrai, quelle victoire, quelle fierté, quelle émotion. Mais ça nous travaille beaucoup aussi, depuis 3 semaines... Pas un jour sans repenser à tout ça, alors que ça s'était éloigné ces derniers mois... Et un an après, les peurs, les blessures, les traumatismes, la culpabilité, prennent plus d'ampleur je trouve.

Dans notre réflexion pour un 2ème, nous sommes retournés au creux de l'été voir le professeur qui s'est occupé de moi lors de l'accouchement, avant et après... Rien de nouveau sous le soleil. 30% de risques de récidives, de l'aspirine, et croiser les doigts. Depuis, j'ai annulé nos rdv de rentrée (hystéro, gynéco PMA, spermo). Pas envie. Être tranquille. Plus le temps passe, moins l'idée d'un autre enfant (enfin je devrais dire d'une autre fiv, d'une autre grossesse, d'un autre accouchement) me fait envie. Je me laisse le temps.
Côté corps, toujours une cicatrice douloureuse, des douleurs à l'aine également suite à l'embolisation, toujours... Des douleurs d'adhérences un peu partout.

Et mon bébé ? Il a un an donc. Tout va bien. Toujours aussi suivi. 8,5kg et 68 cm il y a 3 semaines. Il se développe à son rythme, tient désormais bien assis, sourit et rigole toujours autant. A 3 dents. Mange comme un chef, on introduit les petits morceaux. Boit enfin son bib du matin. Prend toujours le sein le soir avant de dormir. Commence à avoir des cheveux... Ses petits poumons vont bien, on a arrêté les traitements par inhalateur à la fin de l'été et on garde encore les anti inflammatoires pour quelques semaines. Et évidemment, il est beau, il est mignon, il sent bon, on l'aime d'amour. Les 1ères vacances avec lui ont été... fatigantes ;) Un bébé qui n'arrive plus à dormir, 3 semaines sans siestes, avec des réveils la nuit... la galère... Pareil avec la nounou pendant une semaine, puis du jour au lendemain, il a retrouvé le sommeil. Joie.

Nous avons fêté son anniversaire avec la famille. Il a été très gâté. Très bisouté. J'aime tellement le voir entouré et aimé.

mardi 7 juillet 2015

3615 phenix

Un matin de bon matin j'ai repris le chemin des échos et prises de sang, enfin, pas pour un 2ème, mais pour un bilan. L'heure de route matinale, l'attente, ces lieux familiers.... Bizarre, bizarre. 

A l'écho, mon comptage des follicules à J3 s'est amélioré. Gynéco un peu dubitative, qui me dit que ça varie beaucoup d'un cycle à l'autre, mais qu'en tout cas ce n'est pas une mauvaise nouvelle. Ce serait même acceptable corrélé à une AMH dans les normes, ce qui n'est pas mon cas, of course.

Le bilan hormonal est dans les normes, dingue. Et cette foutue AMH qui était à 0.9 il y a 1 an 1/2 et qui ne peut que baisser... est aujourd'hui à 2 (dans le même labo). Je suis sur les fesses. Limite je rêve de faire un bébé sous la couette. Non seulement l'embolisation n'a pas altéré ma réserve déjà dans les choux, mais elle s'est même améliorée, je ne sais pas par quel phénomène.

Il me reste à faire l'hystérosonographie, et je revois mon gynéco pma à la rentrée, mon gynéco accouchement cet été.

Côté bébé, tout va bien ! Il mange comme un chef à la cuillère, refuse même les biberons, dort mieux, commence à se retourner, attrape ses pieds, vocalise, et sa 1ère dent arrive. En revanche, il ne tient pas assis, mais ça viendra. C'est un vrai bonheur. 

L'allaitement est malheureusement en train de se terminer, j'ai de moins en moins de lait, et je ne crois pas que ça puisse revenir... Cette perspective me rend triste, je n'ai aucune envie d'arrêter. Mais la fatigue, le stress au boulot... vont faire que ça se termine sans que je le veuille.

J'ai hâte aux vacances et à ses petits pieds dans l'eau ;)

jeudi 11 juin 2015

La question du 2ème

En ce mois de juin, nous avions rdv avec notre gynéco PMA. 

A peine notre fils né, le monde médical a posé la question de la suite. Du 2ème. Des risques, des questions à se poser... Alors que c'était trop pour moi. Trop tôt, trop violent. Comment je pourrais avoir envie d'y retourner ? 

Mais oui, nous avons peu de temps pour se poser cette question, je le sais. L'insuffisance ovarienne fait que la roue tourne vite. Alors, comme la bonne élève que j'ai toujours été, j'ai vu les spécialistes qu'on m'a demandé de voir, cardiologues, néphrologues, angiologues et que sais-je encore... Bien entendu, ça ne m'a rien appris puisqu'aucune cause à mon hypertension n'a été trouvée. Je n'y croyais pas vraiment.

La question du 2ème, j'y pense souvent. C'est très ambivalent. Un 2ème comme mon bébé, souriant, facile, heureux, à croquer ? J'en prends 3 comme lui, pas de problème. La perspective de :
- repasser par une FIV ;
- vivre une grossesse angoissée, contrairement à la précédente
- refaire un hellp syndrome et les complications qui ont suivi
- refaire une hémorragie et risquer ma peau
- que mon bébé soit à nouveau prématuré, qu'il risque sa peau aussi, qu'il vive des débuts difficiles, incertains... Qu'il ait des séquelles...

.... (conditions non cumulatives...) ce sera sans moi. 

Nous avons donc remis les pieds dans notre centre PMA. Avons croisé le gynéco qui avait réalisé le transfert épique de notre seul et unique embryon, resté coincé dans le cathéter. Avons croisé le gentil infirmier qui était là pour mes 2 ponctions. Avons consulté notre gynéco PMA, celui qui a permis ce miracle. J'étais pleine d'émotions, avec mon bébé babillant dans sa poussette.

Il a pris connaissance de l'aventure de l'accouchement et de ses complications. Il a pris le temps de l'échange, même si sur le fond, nous n'avons pas appris grand chose :

- Il évalue les risques de récidive du hellp à 30%. Et a ajouté, que "parfois on ne ramène pas les mamans" (avec un regard qui m'a donné l'impression qu'il en avait une expérience personnelle). Mais ça, nous le savons.

- Pas de risque particulier de refaire une hémorragie, j'ai enfin posé la question qui me taraude : c'est normal une rétention placentaire après une césarienne ? Non, ma pauvre dame, "ça devait être le bordel votre césarienne vu les circonstances". Ah.

- L'aspirine qu'on me vend à chaque fois pour la prochaine grossesse : bien sûr, m'a t-il dit, ça évitera un RCIU. Mais on ne peut rien faire pour éviter la pré éclampsie. Rien du tout. A part s'en remettre au destin, et surveiller. Bon, ça aussi, on le savait.

Mais nous venions surtout pour répondre à la question préalable : est ce encore possible ? Mon AMH était à 0,9 il y a 2 ans 1/2... Donc il nous refait faire les examens, écho à J3, amh et compagnie, spermo et sérologies. Et en prime une hystérosonographie pour moi (j'ai eu envie de dire "bingo" ou "famille" : je les aurais toutes faites) : pour vérifier mon utérus suite à cet accouchement et la rétention.
Il nous a aussi dit que souvent, l'embolisation des artères utérines que j'ai subie pour arrêter l'hémorragie réduit la fertilité et la réserve ovarienne... Déjà qu'on part de loin...

On le revoit après tout ça, à la rentrée.

Il a aussi regardé ma cicatrice de césarienne moche et douloureuse. M'a prescrit des séances de kiné et me fera une injection de corticoïdes la prochaine fois.

Il a dit que la décision que nous avions à prendre n'était pas facile. Que nous étions désormais parents. Qu'il fallait y réfléchir. Oui. 
Je vous avoue ici que j'espère en un sens que mes examens seront pourris, qu'un 2ème ne sera pas possible, qu'il n'y ait pas décision à prendre ou à regretter. Mais ce sera une porte tellement difficile à refermer. Parce que quand je pense à une famille agrandie d'un autre petit bonhomme ou bon'dame, mon cœur s'envole.

samedi 23 mai 2015

Ma recette magique pour que mon bébé fasse ses nuits

Lol.

Bon, sans rire, il a fait sa première vraie nuit lors de mon dernier article. Puis à nouveau des nuits pourries, 2 réveils en moyenne, avec du mal à se rendormir à chaque fois. Grosse déception.

Puis, une nuit, nous avons décidé de vraiment le laisser s'endormir tout seul. Pas juste le laisser pleurer 5 min. Donc à 2 reprises, pendant 1h à chaque fois, nous l'avons laissé pleurer (bon, il ne hurlait pas, il chouinait), en culpabilisant. En allant lui faire un petit coucou de temps en temps mais sans le prendre, sans lui donner le sein/le petit doigt, sans lui parler. Nuit difficile donc. 

Ensuite, nous avons laissé reposer 24h. Et il a fait 3 nuits complètes d'affilée. MERCI LE DIEU DES BÉBÉS. Depuis il y a quand même des réveils, mais on tient le bon bout. C'est un immense soulagement de se dire que c'est possible pour lui de dormir toute la nuit.

En même temps nous l'avons aussi passé de son matelas incliné à 30° (au départ à cause du reflux, pour ses ptit poumons) à 15°, car nous pensons qu'il dort mieux comme ça, tant qu'il ne tousse pas plus que ça. 

Pourvu que ça dure !

Après l'épisode de la conjonctivite, il a eu pendant une semaine des gouttes pour dilater ses pupilles avant un rdv ophtalmo, pauvre chouchou. Du coup, il avait une tête de zombie, et était très gêné par la lumière. Nous sommes donc allés au chu, là où il est né, pour faire un fond de l'oeil, le 2ème pour lui, qui s'est très bien passé. En revanche, il a très mauvaise vue, nous devons donc aller chez l'orthoptiste vérifier un éventuel strabisme, qui obligerait à des lunettes dès maintenant.

Sinon, il a 8 mois, et il a la grande forme. Il grandit et grossit bien, rigole, essaye de mettre à sa bouche tout ce qui est à sa portée, commence à attraper la cuillère et à tenir son biberon.

J'ai lu le livre de Sylvie Louis, "Accompagner son enfant prématuré", je le conseille aux parents, même quelques mois après, ça m'a aidé à me réconcilier avec pas mal de choses, de me rendre compte que ce que les émotions que l'on a vécues lors de sa naissance et de la néonat ont été vécues par d'autres. De comprendre les moments spécifiques à ce parcours, car on n'a pas vraiment l'occasion d'échanger avec des parents ayant traversé cette aventure...

mardi 12 mai 2015

Des nouvelles !

Depuis mon dernier article il y a un mois, notre petit bébé a enchaîné les maladies, et a perdu l'appétit à chaque fois ! Genre il ne mangeait ni buvait RIEN de toute la journée, que ce soit avec son père ou la nounou, jusqu'à ce que je revienne le soir et lui donne le sein. Au secours. Il a repris quelques jours de corticoïdes, ça a traîné un peu mais depuis ce weekend, tout va bien. On continue malgré tout pendant 6 mois les inhalateurs et les anti inflammatoires pour ses petits poumons. Et le matelas incliné à 30°.

Il a perdu un peu de poids, mais ça va revenir, je ne m'en fais pas. 6,8kg pour bientôt 8 mois, on l'habille en 6 mois.

On a aussi testé la conjonctivite et le collyre orange fluo. 

L'alimentation du coup, on en est où ? Pareil qu'avant.... Le sein matin, nuit et soir, et biberons avec purée ou compote en journée. La cuillère, on recommence un peu, ça va doucement. 

Côté motricité, il a fait pas mal de progrès, il se tient de mieux en mieux, est très habile avec ses mains. Il arrive à se balancer dans son transat, teste plein de mouvements quand il est allongé à plat et essaye de se retourner. Il fait aussi de nouveaux bruits avec sa bouche. Sourit toujours autant. Bref, pfff, il est adorable, je l'aime d'amour.

Les nuits ? Les quoi ? Ces dernières semaines ont été très difficiles pour nous... On a peu dormi, et un peu à bout de nerf au petit matin... Mais le fait qu'il soit malade jouait certainement. Parce que cette nuit, il a fait sa nuit. Oui oui. 21h00 - 8h00. MERCI. J'espère que ce n'était pas juste une nuit.

Bref, on prend notre rythme, c'est épuisant avec le boulot qui me demande beaucoup d'énergie aussi... Mais ça se passe bien avec la nounou, c'est juste dur dur en fin de semaine de le laisser le matin, il me manque ! J'essaye d'en profiter quand je suis là. De prendre toujours le temps de le bisouter et de le faire rigoler. 

jeudi 9 avril 2015

Le sevrage et le bébé malade = retour à la case départ

Encore un article sur le sevrage ! C'est le commentaire de Kaellie sur mon dernier article qui m'a donné envie de l'écrire.

Parce que oui, ça commençait à aller mieux. Le 1er biberon était toujours un peu compliqué, mais il mangeait de la purée avec plaisir, on la mettait même dans le biberon pour le filouter et ça marchait. Et puis il mangeait avec autant de gourmandise les yaourts que je prépare avec le lait infantile. Bref, on tenait le bon bout, ma lactation s'était adaptée.

Puis la bronchiolite et l'hospitalisation, il ne mangeait rien à part ce qu'il prenait au sein. Donc retour à l'allaitement exclusif, proposé toutes les 3h... Le lendemain de la sortie, quand l'appétit est revenu, il a englouti les biberons et à peu près tout ce qu'on lui proposait, le bonheur. Puis 2 jours plus tard... la gastro, et encore un retour à la case départ. Un bébé au sein toutes les 2-3h... Une maman qui a aussi chopé la gastro et qui est sur les rotules....On y est encore et je suis arrêtée 3 jours. Une reprise de rêve.

Donc je pense qu'une fois sur pied, il reprendra les biberons. Je constate que plus le contenu se rapproche du lait maternel, moins il boit au biberon :
un biberon de lait industriel avec de la purée : ça passe souvent tout seul
un biberon de lait maternel : pas moyen (sauf quand il a vraiment les crocs et qu'il a déjà snobé le précédent repas)

Ce n'est pas un problème en soi, mais : j'ai toujours un demi congélateur de lait maternel qui date de la néonat... Alors j'aimerais l'utiliser : donc oui, Kaellie, ta recette m'intéresse ;)

mardi 7 avril 2015

Sortie de l'hôpital !

Nous sommes donc restés 5 longs jours à l'hôpital à cause de cette bronchiolite. Nous avons eu le ticket de sortie quand il a recommencé à s'alimenter, même si ses poumons sifflaient encore. Heureusement que je l'allaite. Heureusement. Nous en prenons pour 6 mois de traitements, ventoline, corticoïdes, antiinflammatoires... Mais hauts les cœurs, on a vu pire, même si c'est un peu contraignant. 

Le lendemain de sa sortie, il a mangé comme un ogre, il était encore sonné, mais j'étais vraiment contente et soulagée de le voir engloutir biberons, purées, compotes, sein, avec autant d'appétit. 
Puis 2 jours après, fièvre à nouveau, ... et cette fois c'est la gastro, attrapée à l'hôpital... Un petit chameau qui recrache la solution de réhydratation, quelques nuits pourries pour tout le monde, il va un peu mieux. Et on reprend la route du travail. Encore une fois, heureusement que j'allaite... C'est tout ce qui passe. 

Bref, à partir de maintenant tout ira bien. La semaine a été difficile, ce retour à l'hôpital... Mauvais souvenirs, grosse fatigue, un bébé vraiment pas bien, qui gémit tout le temps, qui respire mal, qui tousse, qui vomit et qui perd 100g par jour. 

Mais aussi un défilé d'infirmières, médecins, auxiliaires, femmes de ménage venus revoir ce tout petit bébé devenu grand. Lui qui reconnaît manifestement certaines voix ou visages. La fierté en entendant que sa prise de poids est impressionnante depuis la sortie de néonat (on se réjouit des petites choses ;)). 

L'envie folle de le cajoler encore plus, d'en profiter encore plus (est-ce possible ?).

mardi 31 mars 2015

Le boulot. Le retour à l'hôpital.

Après une semaine de reprise sur les chapeaux de roues nous sommes de retour à l'hôpital pour une bronchiolite.  Ça a commencé par un banal rhume sans fièvre.  Puis 2 jours après un weekend où il n'était vraiment pas en forme.  Pas d'appétit,  une toux, des vomissements.  Nous avons longtemps hésité sur la conduite à tenir. .. Difficile de savoir quand s'inquiéter.  Quand la fièvre a commencé à monter nous sommes allés aux urgences.  J'étais persuadée qu'on nous renverrait chez nous,  c'est juste un rhume il faut se détendre.  D'autant qu'il est vacciné contre la bronchiolite tous les mois compte tenu de sa longue détresse respiratoire.

Finalement on y est toujours 3 jours plus tard.  Perfusion,  aérosols. .. il a perdu du poids alors on revient à la pesée avant et après chaque repas.  Retour en terrain connu... ça me déprime. Et c'est une bronchiolite.  Juste pas EExactement le même virus que le vaccin.  Pas de bol. Il me fait mal au coeur.

 Sympa pour le boulot aussi. .. Revenue une semaine et déjà 3 jours d'absence.

Je reviendrai plus en détail quand on sera rentrés car ce n'est pas hypdr pratique décrire depuis mon téléphone.

mardi 17 mars 2015

Il y a un an !

Il y a un an, nous apprenions que la FIV ICSI avait fonctionné, que notre unique embryon, récalcitrant au transfert, s'était bien accroché. J'ai le sentiment que c'est ce jour qui a changé ma vie, plus qu'un autre. Il signifiait que c'était possible, je pouvais être enceinte, c'était vraiment incroyable. Contrairement à la plupart des femmes enceintes, je n'ai pas connu d'angoisses, ou très peu, et je me suis très vite sentie sereine malgré les 4 mois de vomitos.

Cette journée du 17 mars 2014 était un concentré d'émotions, intenses et inversement proportionnelles à ces années d'espoirs déçus. Quel souvenir, depuis tellement de temps je m'empêchais de penser à ce bébé, d'un coup, il est entré dans nos vies. Paradoxalement, alors que nous faisions tout pour, tomber enceinte m'a paru totalement surprenant et inattendu.

1 an plus tard, nous sommes parents et je reprends dans quelques jours le travail... Un nouveau quotidien !

Le sevrage se fait peu à peu (petit peu à petit peu)... Les biberons, c'est toujours pas la joie même s'il boit un peu mieux. Nous avons limité les tétées nocturnes (1 réveil maximum entre 22h et 6h alors qu'il était passé à 2 voire parfois 3 depuis le sevrage...), c'est papa qui s'y colle pour le rendormir, ce qui prend en moyenne 1 h... Mais la stratégie fonctionne peu à peu, il a plus faim en journée en boit plus ses biberons. Pour compléter, je lui donne un yaourt au lait infantile : j'ai d'abord acheté des industriels, sucrés, puis j'ai fait les miens, avec le lait en poudre 1er âge (on en a changé 3 fois donc ça permet d'utiliser les boîtes à peine entamées). Ça lui plaît, même s'il faut être patiente puisqu'il n'est pas très habitué à la cuillère... De toutes façons mieux vaut limiter pour le moment la quantité de lait en poudre puisque le peu qu'il boit ça ne passe pas du tout, pas une couche pleine depuis le début du sevrage ( plus de 2 semaines...) malgré médocs, eau magnésium... et changements de laits... 

Ce sont de petits soucis, parce que tout va bien, et même si j'écris beaucoup sur le sevrage, en réalité ça ne m'obsède pas tant que ça, je sais que ça le fera à un moment, et comme il prend toujours du poids, ça me m'inquiète pas. 

A part ça, il s'éveille de plus en plus, fait quelques vocalises, cherche toujours son pouce mais ne le trouve toujours pas, adore écouter les gens parler et chanter... commence à avoir son caractère et ne dort plus que dans sa chambre tranquilou, alors qu'avant il s'endormait dans son transat, dans son cosy, dans sa poussette, dans les bras : du coup quand il fatigue, il pleure jusqu'à être couché (donc souvent quand on est dehors, courses ou autres....). Comme il dort encore beaucoup beaucoup, c'est compliqué se réserver les sorties à ses moments d'éveils, alors ça devient ... bruyant ;) Paye ton bébé qui hurle dans la salle d'attente du médecin, aux caisses des magasins, dans la voiture, et les regards en coin. Non non, je vous assure qu'il va bien, il veut juste dormir DANS SON LIT, l'asticot. D'ailleurs si tout le monde dans le supermarché voulait se taire, ça l'arrangerait, merci bisous !

vendredi 13 mars 2015

Sev-rage ô désespoir, et retour sur les 1ers jours

Le point loup-garou : le sevrage me fait devenir chèèèèvre. Pourquoi personne n'a écrit "Le sevrage pour les nuls ?". 2 semaines qu'on a commencé les biberons en journée... Il boit 30-40ml puis plus rien, il machouille. On a tout essayé, que ce soit mon lait, du lait en poudre, le biberon, la cuillère, le papa, la nounou... Du coup les nuits sont toujours aussi pourries, le loup garou rattrape ses repas de moineau de la journée en tétant 3-4 fois la nuit, au secours. Le point positif c'est qu'il pleure moins lors des biberons (mais il fait des grosses crises en dehors, il ne l'avait jamais fait, il est inconsolable et je ne sais pas quoi faire). Bon, je vois la pédiatre de l'hôpital dans quelques jours, à voir si elle a une solution miracle. Une pilule qui fait prendre les biberons... Je sais que la solution sera le repas solide du midi, j'ai hâte, il a presque 6 mois, mais il ne tient pas encore assis, et je ne sais pas combien de temps ça lui prendra. Des témoignages ?

A part ça, nous avons fait la 1ère 1/2 journée chez la nounou, no problemo (à part ce biberon non bu, of course...). La suite la semaine prochaine avant le grand bain de la reprise... Je dois dire que ces quelques heures sans mon bébé depuis des mois ne m'ont posé aucun problème, j'ai même été envahie d'un sentiment de liberté, c'est dire. Bon, ... je sais que plus longtemps, il me manquera. Mais je me sens en confiance pour le moment, ne me gâchez pas mon plaisir ;)

***

Le Hellp syndrome, l'accouchement, ses complications et l'hospitalisation, les 3 semaines de réanimation de notre bébé puis les 2 mois de néonat... : j'ai synthétisé ;) J'ai tourné beaucoup de pages dans ma tête, pas toutes, mais j'ai à présent envie de revenir plus en longueur sur certains souvenirs.

La mémoire qui flanche...

Ce qui m'attriste beaucoup à présent, c'est de ne pas me souvenir ... Je raconte, je reconstruis, mais je ne me souviens pas de nombreux moments des premiers jours suivant l'accouchement. Parce que j'étais dans un état physique et mental second. Non, je n'ai pas de souvenir de la 1ère fois que j'ai vu mon fils. Je sais que c'était le soir (il est né à mi journée), je me souviens du brancardier qui m'a emmenée en lit, mais c'est tout. Aucun souvenir. Rien à faire. Mon 1er souvenir, c'est le lendemain, et c'était un mauvais moment, je me sentais mal, ma montée de lait me donnait des bouffées de chaleur, dans sa chambre en réa il faisait très chaud : malaise, nausée, frustration d'être clouée dans mon lit et lui sans sa couveuse à des hauteurs différentes, de seulement apercevoir ce petit être, mais de voir cette grande chambre remplie d'appareils bruyants et de blouses blanches, une impossibilité de gérer ces émotions, un refus, certainement, de la situation (mon bébé, il était dans mon ventre)... Je suis restée 5 min et me suis sentie incapable d'y retourner. 

Heureusement, j'étais bien entourée, par les équipes et le papa qui m'a toujours soutenue, même quand une sage-femme à la noix m'a sorti un truc du genre que mon bébé avait besoin de moi, c'est vrai que le sentiment d'impuissance et de culpabilité, ça aide dans ces cas là. Connasse. Je savais que j'avais besoin de temps, de me sentir mieux physiquement aussi. Alors en attendant je tirais mon lait avec abnégation, buvais les récits du papa, serrais et reniflais le petit bonnet mis après la naissance et qu'on m'avait redonné. 

Bref, la 1ère vraie rencontre, elle a eu lieu 4 jours après la naissance, la nuit, après une journée riche en émotions pour le papa qui avait fait son 1er peau à peau, et pour moi, qui avait subi complications et grosses frayeurs suite au retrait du cathéter fémoral (bon c'est compliqué, je renonce à détailler ...). Après un long conciliabule entre blouses blanches dans ma chambre, j'ai eu la permission de quitter mon lit (!!!!!) et de me faire conduire en fauteuil en néonat, avec moult alèses puisque je rappelle que je fuyais de la cicatrice de césarienne à grandes eaux (un déficit d'albumine lié au hellp syndrome pour faire court...), ce qui n'était pas DU TOUT flippant. Donc, enfin, au creux de la nuit, j'ai vu mon bébé, je l'ai touché dans sa couveuse, et je l'ai senti, en peau à peau, sous le tee shirt. Il était sédaté, intubé, frêle, tout poilu, mais il était bien là, et j'avais confiance en lui.

Cette première semaine a été éprouvante pour moi, je me sentais totalement déphasée, très faible physiquement, mes jambes ne me portaient pas, j'étais tout maigre j'avais une sale gueule et aucune autonomie. Mon état a mis quelques jours à s'améliorer et ça a été très long. J'ai eu les visites de nos parents, qui étaient importantes bien sûr, et aussi douloureuses, puisque je me disais qu'ils connaissaient mieux mon fils que moi. Étonnamment, les visites des grands parents étaient autorisées (et encadrées) en réanimation, ils ont donc passé plus de temps que moi dans sa chambre, ça me crevait le cœur. Et je n'osais pas le dire, car ça a été un vrai soutien pour le papa je pense, ces visites.

Je reviendrais sur d'autres moments, forcément plus joyeux puisque ces 1er jours étaient les pires, de très loin, ça a été un choc immense.

mercredi 4 mars 2015

Sevrage et coup d'oeil dans le rétro

Crénom nom, le sevrage c'est un enfer sur Terre. Notre petit bébé d'amour s'est subitement transformé en loup-garou (à midi tous les jours), cris, hurlements et pleurs... Pas de dodo. Un peu de biberon tant bien que mal. Douleur, tristesse, frustration, je ne sais pas, mais c'est très difficile nerveusement. Mes doutes, angoisses et morosité sont inversement proportionnels à la gravité de la situation... J'ai traversé la tête haute la PMA, l'accouchement et ses complications, 2 mois 1/2 de néonat et des frayeurs vitales pour mon bébé et pour moi. Mais mon bébé qui veut le sein, moi qui voudrait bien mais qu'il ne faut point = game over. Ce n'est qu'une étape, elle est obligatoire, point d'échappatoire... Donc bon, on y arrivera, comme tout le monde. Et j'en verrai d'autres (genre : confier mon tout petit à la nounou la semaine prochaine). Finie la lune de miel.

Nous avons reçu le dossier de suivi médical proposé aux grands prémas, jusqu'à ses 7 ans, dernier rdv en 2021 ! Et le 1er pour ses 3 mois d'âge corrigé, soit maintenant (enfin dans quelques jours). Je sais que certaines mamans de prémas passent par ici parfois : en quoi consistent ces rdv ?

Sinon, il y a un an, notre unique embryon de la FIV 2 du désespoir m'avait été transféré après être resté coincé dans le cathéter (un ptit coquin). Quel miracle. Quelle année. Achat de maison, grossesse heureuse, nouveaux contextes professionnels pour tous les 2, un 3ème chat (avec en bonus une portée de chatons heureusement tous adoptés par de gentils gens)(et non, je n'étais pas immunisée contre la toxo, lol). Et puis... cet accouchement catastrophe et les mois hors du temps qui ont suivi. Pour en arriver à ce bonheur, à cette famille, enfin. 

Nous mesurons toujours, et chaque jour, notre immense chance. Et un an après, la PMA n'est pas simplement un chemin, c'est une épreuve qui laisse des traces, et en même temps une reconnaissance pour ceux qui nous ont permis d'y arriver, et une fierté pour nous.

Déjà, nous prenons les rdv dans notre centre PMA, et avec le Professeur du CHU qui a suivi mon accouchement (pas du tout dans la même ville) pour connaître les risques de récidive du hellp syndrome et nos chances d'avoir un 2ème... Dans quelques mois. Et après nous réfléchirons à tout ça. Est-ce qu'on veut un 2ème, à quel prix, et si oui, reste-on dans notre centre ou migre t-on vers le CHU...

lundi 2 mars 2015

Le sevrage, premiers jours et beaucoup de questionnements ! + edit

Sevrage, jour 1 : je prépare joyeusement un biberon (avent, tétine 1) de 50ml de mon lait tiré la veille, son papa lui donne, il boit sans problème, finger in the nose. Bon, 50ml, c'est pas beaucoup donc il a reclamé 2h après, mais c'était un 1er essai. Pendant un moment, on a cru être des vrais winners.

Sevrage jour 2 : biberon tétine 2 (bah oui, il a quand même 5 mois), 100ml de lait maternel décongelé, donné par maman. Il n'a pas tout bu mais ça allait quand même. Quelques pleurs après, une impression de mal au bidon sans doute du à l'air avalé inhérent au biberon. Pour moi, je prends conscience que l'allaitement en journée, ce sera bientôt fini, grosses larmes. J'ai tellement pas envie. 

Sevrage jour 3 : à la même heure (vers midi) que les jours précédents, on prépare un biberon de lait maternel décongelé, idem que la veille. Le bébé hurle en attendant que ça chauffe : l'impatience ? Bon... Papa lui donne. Hurlements. Hurlements. Hurlements. Il boit la moitié tant bien que mal. (Maman s'en va car elle est en pleurs aussi). (Paye ta famille). Le soir venu, hurlements, hurlements, hurlements, alors que les soirées étaient devenues plus tranquilles depuis un moment. 

Sevrage, jour 4 (aujourd'hui) : même biberon, même scénario que la veille : un bébé qui se réveille en hurlant, qui ne s'arrête pas, qui prend le biberon mais hurle dès que le lait arrive dans sa bouche (c'est l'impression que ça me donne). Très difficile à calmer. Au final je lui ai donné le sein. Merde.

Je ne sais pas ce qui se passe : est-ce l'étape du sevrage qui le fait hurler ? Le fait qu'il sente que je me sens pas bien par rapport à ça ? Ou alors a t-il mal quelque part ? Le RGO qui revient ? Mal au bidon ? Il hurle, avec de vrais larmes.

Nous avions progressivement diminué les mesures anti-RGO, puisque ça allait mieux : arrêt de l'inexium depuis 1 mois (no problemo), passage d'une inclinaison de 30° à 15° depuis 1 semaine... Reste le gaviscon à chaque repas. J'ai l'impression que ça revient... Est-ce lié au biberon, au lait décongelé... pfff je me sens perdue. En attendant j'ai remis son matelas à 30°...Et je ne sais pas du tout comment m'y prendre.

Edit :
Le temps de me remotiver pour la tétée suivante, je lui ai proposé un biberon de 150ml de lait industriel, une sorte de coup de poker. Il a presque tout bu, tranquilou, avec à la fin un grand sourire en prime. Euh ???? Je suis très rassurée, hyper méga rassurée. Il n'aime donc pas le lait maternel décongelé, bizarre, bizarre... Je retenterai quand même, étant donné que j'en ai un sacré stock, congelé par la néonat.

mardi 24 février 2015

Des nouvelles

Mon bébé a 5 mois, bientôt 3 mois en "âge corrigé", et tout va bien. Il pèse 5,5 kg, donc il rattrape trèèès bien, la cantine est bonne, mais il reste plus petit en taille pour l'instant. Que dire... il est adorable, il s'éveille, je l'aime d'amour, surtout ce matin où il vient d'offrir à sa maman sa première nuit de 6 h depuis des mois : yeeeesssssssssss ! (Bon, il a pleuré des heures hier soir donc j'ai bien peur que ce soit exceptionnel, puis du coup j'ai les seins explosés, on ne peut pas tout avoir). 

Il est toujours exclusivement allaité. On introduit les biberons cette semaine, objectif sevrage en journée d'ici 2-3 semaines. (Je veux pas. On peut pas amener son bébé au boulot ?). J'aimerais tellement continuer de pouvoir l'allaiter le matin et soir... Mais je sais que je ne pourrai pas tirer mon lait en journée au boulot, alors ça risque de s'arrêter malheureusement. On verra si j'ai de la chance ou pas. Maintenant les tétées sont juste du plaisir, pas de pression de voir s'il boit assez, s'il s'étouffe pas.... Et puis, c'est tellement magique le sein pour l'apaiser. 

La nounou est trouvée (paye ta galère), donc reprise du boulot dans 3 semaines. J'ai envie de reprendre, c'est sûr. Mais : le changement de rythme m'effraie, je ne sais pas comment je vais réussir à concilier mes journées pros et profiter de mon bébé (et faire les 3500 lessives hebdomadaires). Je serai juste épuisée, comme tous les jeunes parents. Évidemment j'appréhende beaucoup la séparation, il va me manquer, je préfère même pas y penser tellement ça me fend le cœur. Je sais aussi que c'est nécessaire, et normal, et que tout le monde passe par là, et que ce n'est pas grave.

Comme nous avons été séparés longtemps, que beaucoup d'autres personnes s'en sont occupées, je pensais que ce serait plus facile pour moi. C'était vrai à la sortie de l'hôpital, mais ça fait plus de 2 mois que nous passons nos vies ensemble, et je sais que ce sera un déchirement. 

De mon côté, je pense beaucoup moins à tout ce qui s'est passé. Je suis une bisounours vivante. J'aime repenser au bonheur qui me remplissait cet été quand j'étais enceinte, sans que ce soit une nostalgie douloureuse. Et je profite de mon bonheur d'aujourd'hui, je me sens bien, épanouie, sereine, confiante. J'ai hâte de le voir grandir et évoluer, mais je voudrais aussi retenir le temps, graver chaque moment, chaque sourire, chaque grimace, pouvoir y retourner à loisir.

Le semaines qui viennent vont donc être chargées en challenges de la vie ordinaire avec le sevrage, la nounou, le boulot, et la diversification (et oui, 6 mois...). Pfiou. Le sevrage m'effraie vraiment. Vraiment beaucoup. Si certaines ont des conseils pour l'allaitement mixte, je suis preneuse ! Et pour noyer sa peine de ne plus donner le sein, aussi ;) 

Des bises à vous toutes !

mardi 27 janvier 2015

4 mois et des brouettes

Notre bébé a plus de 4 mois, et ça fait 1mois1/2 que nous sommes à la maison, réunis. J'appréhendais, comme chacune, la fatigue, les doutes de nouvelle maman, mais c'est du bonheur, vraiment. Bien sûr je suis crevée, mais moins qu'à l'hôpital, bien sûr je me pose plein de questions tout le temps (des plus triviales, "elle est partie sa mycose des fesses ?", aux plus métaphysiques, "est-ce qu'il sait que c'est dans mon ventre qu'il a (mal) grandi ?"), mais moins douloureuses qu'en néonat. Je profite de ce petit bout d'homme tant attendu, je le chéris, encore en encore (sauf quand j'ai des heures de sommeil en retard et qu'il pleure pleure pleure ;) Quoique !). 

Et le bébé, ça va ?
Très bien ma bonne dam' ! Il faisait un peu plus de 4,2kg à 4 mois, il grossit bien même si il n'atteint pas encore le bas des courbes de croissance des carnets de santé, m'enfin, il part de loin et il rattrapera tout ça, ça ne m'inquiète pas. Un peu moins de médocs qu'avant, des sourires, des cuisses à croquer, des yeux tellement beaux qu'on s'y perd dedans. Je m'emballe pas, je vous assure que c'est vrai, c'est le plus beau. Même des fois quand il dort plus de 4h entre 2 tétées, il me manque. 

Bref, le bébé va bien mais vous constatez qu'en revanche sa mère a perdu sa santé mentale. Ah non, on me dit dans l'oreillette que c'était déjà le cas avant. 

L'allaitement...
C'est ma petite fierté, le seul truc que mon corps a réussi à faire tout seul comme un grand. Après la naissance, à 31SA et hors travail, alors que j'étais alitée, très affaiblie, que mes organes ne fonctionnaient pas bien, bah j'ai étonnamment eu ma montée de lait comme il faut (c'est à dire bien douloureuse, mais tout le monde s'en fichait vu ce qui se passait par ailleurs). Ensuite, j'ai tiré mon lait pendant presque 3 mois (il a commencé à téter au bout de 2 mois), un sacerdoce. En néonat on se sent impuissant, c'est la seule chose que je pouvais faire pour lui.
Faire un enfant naturellement, raté, accoucher normalement, raté, alors mon corps a eu un sursaut d'orgueil, "mais si je suis fait pour donner la vie". Et maintenant, l'allaitement continue, le plaisir du moment en plus.

Ma santé à moi
Évidemment, plus le temps passe, plus les choses qui se sont passées, mais qui ne sont pas passées justement, parce qu'on était occupés à autre chose, reviennent dans ma tête. La prise de conscience de ce que nous avons évité avec le hellp syndrome, de la gravité de tout ça, la peur de mourir lors de l'hémorragie, les blessures émotionnelles. Bon, je vis avec, mais je ne sais pas quoi faire de tout ça.

Physiquement, ma rétention placentaire est partie toute seule, au bout de 2 mois, quel soulagement. En revanche, j'ai pas mal de douleurs gynéco, à la cicatrice de césarienne, à l'aine. 
A l'aine, la conséquence de l'embolisation faite pour arrêter l'hémorragie, du cathéter fémoral resté en place quelques jours, des 2 points de compression suite à son retrait... Oui mais : l'embolisation est une technique sur laquelle il est très difficile d'avoir des infos, et les professionnels de santé (autres qur les radiologues du Chu) ne la connaissent pas bien. Donc personne ne sait trop ce que j'ai (gynéco, angiologue, généraliste...), et je sens que ça va être la galère... 

J'ai également consulté un néphrologue . Hypertension chronique sans cause, pré éclampsie à 30SA et RCIU : il recherche donc différentes causes à tout ça (mutations génétiques notamment), tout en me disant qu'il ne trouvera sans doute rien. Résultats dans quelques semaines. 

Césarienne, néonat et attachement
Les jours d'hospitalisation précédant la naissance étaient rythmés par les monitos et donc les battements de son coeur. Mon ventre plein. Ma césarienne a été faite en urgence, hors travail, et je n'ai pas eu le sentiment d'accoucher. Mon bébé dans mon ventre me manquait, mais la séparation des 1ers jours a fait que rien n'a comblé ce manque. La 1ère semaine, je ne ressentais pas le besoin de le voir, je faisais confiance (méthode coué) aux équipes, le papa me racontait tout, ça me suffisait. De toutes façons j'étais en lit, lui en couveuse, à des hauteurs différentes, alors les fois où j'ai pu y aller je n'ai fait que l'apercevoir, ce qui était très frustrant. Mieux je me suis sentie physiquement, plus j'ai eu envie d'y passer du temps, l'attachement a été progressif. Et exponentiel.
Les appareils et les équipes (pourtant formidables) créent un écran entre le bébé et ses parents. Son visage était caché sous son appareil respiratoire, sa sonde, ses pansements... 

Ensuite c'est la course de fond, 2 mois 1/2 à l'hôpital. C'était dur, oui, mais nécessaire. J'ai croisé beaucoup de parents, souvent impatients de sortir (la plupart ne restent que quelques jours, mais la séparation n'est pas moins douloureuse), mais moi, je me suis toujours dit que mon bébé avait besoin de ce temps. Oui, il a mis 2 mois à respirer tout seul, c'est long, mais c'était son rythme. J'ai appris à lui faire confiance (la patience, c'est la pma qui me l'avait apprise). A ne pas lui mettre inconsciemment la pression pour des choses qu'il subit lui même. Le plus compliqué émotionnellement a été l'alimentation, à partir de 2 mois, des montagnes russes, au bout d'un long parcours... Aujourd'hui je suis fière de lui, de ce qu'il a traversé, de sa force.

Et après ?
Lors de mon dernier rdv gynéco, je devais me faire poser un stérilet (lol). Puis non. Elle a regardé mon dossier, m'a dit que si je voulais un 2ème il ne faudrait pas tarder étant donné mon insuffisance ovarienne, mais qu'il fallait quand même attendre 1 an à cause de la césa. Un 2ème ? Bonne question. Violente question, trop tôt, trop tôt, trop tôt. Mais oui, si nous attendons, la nature choisira pour nous. Alors nous consultons, pour connaître les risques de récidive. Oui, ils existent, d'autant que mon hypertension est chronique et que le hellp syndrome est arrivé tôt dans la grossesse. 

Envie de revivre une FIV ? Non, non, non. Envie de revivre cet accouchement et de risquer des séquelles ? Non, non, non. Envie de revivre la grande prématurité et de risquer des séquelles ? Non, non, non. Envie d'être enceinte et d'avoir un autre bébé d'amour ? Oui, mais à quel prix... Je sais que ça peut aussi bien se passer, mais je ne veux pas prendre de risques, maintenant qu'il est là. Nous avons eu cette immense chance une fois, alors ... La nostalgie de la grossesse est là, mais c'est la nostalgie de cette grossesse là. Si miraculeuse, si sereine. Si je retombais enceinte, je sais que je ne la vivrais pas de cette façon et que je serais angoissée. Bref, j'ai besoin de temps, nous avons besoin de temps.